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TRANSPORTS EN COMMUNS A ABIDJAN, CASSES-TÊTE OU SOLUTIONS ?

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Chaque jour, les 6 millions d’abidjanais se déplacent d’un point à l’autre via les véhicules de transport en commun. Pour plusieurs d’entre-eux, la journée ne se fait pas d’un simple aller-retour. Avec l’avènement du e-commerce, l’activité de livreur est devenue un métier à part entière. Ces derniers effectuent du transport de marchandises incessant et à toute heure. Pour les nouveaux arrivés sur les bords de la lagune ébrié, ce trafic abondant peut s’avérer déboussolant. Comment migrer d’un endroit à l’autre avec les véhicules de transport en commun ? Tel est le sujet des lignes qui vont suivre.

1- UNE FORTE CULTURE DU TRANSPORT EN COMMUN

La plupart des pays voisins de la Côte d’Ivoire sont de grands utilisateurs de deux roues. Le Burkina Faso est largement en tête et est le premier utilisateur de motos en Afrique de l’Ouest. Le Mali, le Ghana, la Guinée sont également des pays ou l’on se déplace généralement de façon autonome. En cause, l’insuffisance des infrastructures routières, le faible pouvoir d’achat et l’insuffisance des transports en commun.

La donne est différente au pays de feu Houphouët Boigny. Au moment de son indépendance la Côte d’Ivoire est dynamique économiquement. La communauté d’expatriés (français, libanais…) est assez importante et l’accès à la mer rendent possible le style de vie occidental. C’est d’ailleurs ce mode de vie qui s’est répandu dans les quartiers les plus chics de la ville.

Ainsi, c’est depuis bien longtemps que les ivoiriens ont choisi la voiture comme moyen de transport. Pourtant, malgré ses allures de capitale occidentale, Abidjan n’en demeure pas moins une ville du tiers monde. La précarité et la pauvreté sont bel et bien présentes. Selon https://www.acturoutes.info/page.php?p=1&id=4279 il y avait plus de 300 000 véhicules en circulation à Abidjan. La grande majorité de la population n’est pas véhiculée dans tout le pays d’ailleurs.

Les transports en commun se sont installés progressivement comme unique alternative pour les personnes ne possédant pas de véhicule. Au début, la Société de Transport Abidjanais en avait le monopole. En peu de temps, l’évolution démographique et géographique a permis l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché.

2- TRANSPORTS EN COMMUN A ABIDJAN, FORMELS OU PAS

Les économies de nos pays d’Afrique subsaharienne contiennent de très (trop) grosses parts d’activités informelles. Impossible d’imaginer que le transport déroge à cette règle, encore moins dans cette ville des plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest. Entre budgets serrés, contraintes de temps ou préférences, voici donc les VTC qui s’offrent aux habitants de « Babi ».

  • Le formel :

 

  • La SOTRA est la toute première société de transport urbain organisé à avoir vu le jour en Côte d’Ivoire et même en Afrique de l’ouest. Elle date du 16 juin 1960 et son objectif n’est pas difficile à deviner. Il faut toutefois préciser qu’elle a mis fin au transport artisanal. Les individus se déplaçaient en pinasse ou en fourgonnette Renault appelé « mille kilos ». Les services de la SOTRA sont les traditionnelles lignes de bus (200fr le trajet), et de bateau bus (150 fr le trajet). Les années 2000 ont vu l’apparition de l’express (200 fr le trajet) et plus récemment du WI-BUS (300 fr le trajet).

Bien qu’étant constamment renforcées, les capacités de la société publique de transport sont largement insuffisantes pour pallier aux besoins des abidjanais.

Sa force réside dans le professionnalisme des chauffeurs, les tarifs et la couverture de tous les quartiers de la ville. Les élèves et étudiants constituent la majorité des utilisateurs.

  • AQUALINES est un service de la société CITRANS. Le 9 juin 2017, ce sont 6 bateaux modernes et confortables qui sont mis à l’eau. C’est le deuxième opérateur privé habilité à transporter des passagers sur la lagune ébrié. Aqualines dispose de 10 gares réparties entre Abatta, Abobo Doumé, Adiopodoumé, Attécoubé, Bingerville, Marcory, Abidjan-Santal, Petit-Bassam et Vridi.

L’innovation ? Il y a d’abord l’ouverture de nouvelles lignes non couvertes par la SOTRA. Aussi, le bateau climatisé et la création d’une classe business sont des nouveautés sur ce marché.

Pour les trajets Aqualines, il faut compter entre 300 et 500 fr selon la destination. Le confort est indiscutable et le temps d’attente est acceptable.

  • Le TAXI COMPTEUR constitue un moyen de transport routier dont les tarifs sont plutôt élevés pour la majorité de la population. Cependant, les frais sont moins élevés qu’en occident et se négocient. Avec leur couleur rouge unique, ils permettent de se déplacer bien plus vite que les autres transports en commun. La plupart des abidjanais l’ont déjà utilisé au moins une fois et n’hésitent pas à le refaire quand ils en ont besoin.

Depuis 2010, on assiste à une amélioration des services de taxi et à la création d’entreprises spécialisées. Il existe aujourd’hui des taxis climatisés et des taxis à la demande. Les acteurs tels que YANGO, TAXIJET, AFRICAB ou IVOIRE TAXIS tirent le secteur vers le haut. En insistant sur le professionnalisme et en intégrant les technologies, ces entreprises permettent au abidjanais de bénéficier de services similaires aux pays occidentaux.

Pour se déplacer en taxi à Abidjan, il faut prévoir au minimum la somme de 1000 fr.

  • La Société de Transport Lagunaire STL est un service du groupe SNEDAI. Lancé le 31 mars 2017, c’est le 1er opérateur privé habilité à transporter des personnes sur la lagune ébrié. La société s’est engagée à appliquer les standards internationaux à ses activités et services.

L’offre STL permet de rejoindre 13 destinations à savoir Marcory, M’pouto, Plateau, Treichville, Koumassi, Plateau, Niangon lokoua, Pont de vridi, Mossikro, Locodjro, Abatta et Mbadon.

Les bateaux de STL garantissent des déplacements confortables, rapides et en toute sécurité pour des tarifs compris entre 200 et 500 fr. Les tarifs pour les cabines climatisées VIP sont différents.

  • L’informel :

 

  • Le « WÔRÔ WÔRÔ» est un taxi communal. Autrement dit, il transporte plusieurs passagers pour une même destination au sein d’une commune donnée. Certains transportent également les passagers d’une commune à l’autre. Ils sont reconnaissables à leurs couleurs différentes des taxis compteurs. Ainsi, les wôrô wôrô sont de couleur bleue à Yopougon, jaunes à Cocody etc.

L’appellation particulière de ces véhicules est liée au tarif de 60 fr qui était pratiqué en 1940. Traduit en malinké, il correspond à « wôrô ». C’est vers 1970 après l’apparition du nouchi qu’il va devenir « wôrô wôrô » qui traduit littéralement signifie « fatigué fatigué » en argot. Ce terme est en rapport avec l’état de dégradation avancé des véhicules utilisés.

Les wôrô wôrô constituent aujourd’hui un moyen de transport indispensable au sein des communes. Cela est dû au fait qu’à part les taxis compteur, aucun VTC ne relie tous les quartiers. Le tarif à partir de 100 fr est abordable pour toutes les classes. Les véhicules transportaient jusqu’à 4 passagers, mais ce chiffre a été revu à 3 depuis la crise sanitaire.

Les gares de taxis communaux sont certes peu organisées mais disponibles dans presque tous les quartiers. Malheureusement, de gros efforts restent à faire pour la professionnalisation entière du secteur.

  • Le « BGAKA» est un minicar de 18 places. Il transporte ses usagers d’une commune à l’autre en empruntant les grands boulevards de la ville. Alors que le chauffeur conduit le véhicule, son second communément apprenti s’occupe de rabattre les clients. Une fois embarqué, c’est encore lui qui se charge de récupérer les frais de transport.

Les gbakas sont une alternative aux bus. Nombreux sont les abidjanais qui l’utilisent chaque jour. Cela est dû au délai d’attente moins long et à la disponibilité de ses véhicules. Les tarifs vont de 100 fr à 500 fr selon la destination et la longueur du trajet.

Nombreux sont les détracteurs du bgaka. Ces derniers sont pour la plupart des utilisateurs réguliers de ce transport. Pourtant, ils n’hésitent pas à pointer du doigt le manque de politesse et de courtoisie des apprentis. Aussi les problèmes de monnaie et la conduite hasardeuse de certains chauffeurs n’arrangent pas les choses.

Malgré tout, le bgaka s’avère aujourd’hui indispensable pour l’économie de la ville. Si vous devez l’utiliser, prévoyez la monnaie exacte et évitez toute dispute avec les apprentis.

 

 

 

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